Plesiarctomys est un rongeur de taille moyenne (185 g. environ a Conde-en-Brie) k tres grandę (6,5 kg environ pour le PI. gervaisi de Gosgen-Pumpstation - MP 18-19) relativement plus rare. Si l'extension biochronologique de Pseudoparamys est "normale" (a peu pres identique a celle de Euromys nov. gen., Meldimys, Pantrogna), et peut etre estimee & environ 3-4 m.a., celle de Plesiarctomys est, pour un mammifere en gćneral et un rongeur en particulier, beaucoup plus exceptionnelle, s'ćtendant des niveaux-reperes MP 8-9 MP 19, soit environ 17 m.a.
Compte tenu des observations que nous avons pu realiser, un debut d'explication ii une telle "rćussite" evolutive peut etre avance.
Comme il a etć montrć precćdemment, la mandibule de PI. savagei observćc & Prćmontre a, toutes tailles ćgales par ailleurs, un aspect beaucoup plus robuste que celle du Ps. teilhardi de Mutigny; la musculature liee a la mastication semble y avoir dte, toutes proportions gardees, plus developpee. Ne connaissant pas la variabilite morphologique associee a ces caracteres dans ces deux especes, il est difficile de conclure categoriquement quant k la signification morpho-fonctionnelle de telles differcnces. On constatera ccpendant que cette morphologie en apparence plus robuste du corps mandibulaire dc PI. sarngei est a associer, d'une part avec des dents jugales plus massives ayant tendance a devenir uniradiculees, d'autre part avec une rangee dentaire inferieure dont 1'analyse mandibulaire montre que le compartiment molaire posterieur (M2.3) est, toutes tailles egales par ailleurs, plus developp6, plus important que chez Ps. teilhardi. Les modifications morphologiques observćes pourraient donc etre associees a un changement dans les modalites meme de la mastication, changement se traduisant egalement par un deplacement vers 1’arnere du centre de gravite de la surface molaire inferieure, i.e. du centre d'application des forces masticatrices. Chez un rongeur a musculature de type protrogomoiphe, un tel deplacement vers 1'atriere de la surface molaire est en accord, d’unc part avec la verticalisation de la branche antćrieure de 1'apophyse coronoide, d'autre part avec un plus grand dćveloppement dc la partie antórieure de la crete d'insertion des massćters lateral et superficiel.
Le changement du type de mastication pouvant etre associć, en premiere hypothese, au regime alimentaire - et ceci qu'il en soit la cause ou la consćquence -, il n'est des lors pas impensable que 1'apparition de Plesiarctomys a partir de Pseudoparamys puisse etre directemcnt associć k un changement de regime alimentaire, et donc de niche ecologique. Le maintien durant environ 17 m.a. de ce genre pourrait alors etre le reflet du caractere particulierement stable, durant 1'Eocene, de la niche ćcologique ainsi investie par Plesiarctomys.
Sous-famillc REITIIROPA1UMYINAE WOOD, 1962
Les Reithroparamyinae WOOD, 1962 sensu Korth (1994) rassemblent six genres nord-amćricains et europćens - plus, peut-etre, un septieme genre, asiatique; v. Tong & Dawson (1995) - dTschyromyidae de petite taille, au squelctte cranien et post-cranien gracile et ^ la bulle auditive ossifiee.
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