chronologiąue, suggere une sćąuence lyriąue qui mettrait davantage 1'accent sur le tbeme de la camaiadene mascuiine et sur celui de la protestation1.
L'axe tripardte qui rćsulte de la lecture sequentidle de L'Enfer de Marat -emprisonnement / exil / retour i la cour - se ramifie en une strućture binaire si on se reporte aux deux isotopies qui prevalent dans le recueil, i savoir celle de la disgrace du poć te (emprisonnement / exil) et celle de la grace qui lui est accordće (retour a la cour). Cette dichotomie prend la formę de 1'opposition enfer / paradis ou encore. celle du mouvement catabase / anabase (remontće de 1'enfer). Ainsi, le thćme de la disgrace du poćte, autrement dit, 1'enfer ou la catabase, domine ies pićces liii, tandis que le thćme de la grace, i savoir, le paradis ou 1'anabase, caractćrise les pićces 12 i 14. En effet, «L'Enfer» est suivi de la section intitulće «La Prinse de Marou. Cette section revient tout tfabord sur la cause de remprisonnement de Marat, que le poć te impute i une maitresse inconstante («Le Rondeau, qui fut cause de sa prise* et «La Balladę, qu'il feit en prison suyvant le propos mesme»). Viennent ensuite deux epitres. La premiere d’entre elles, dans laąuelle Marat rejette les accusations dTieresie qui pesent sur lui. est adressee au «maistre Bouchard Docteur en Theologie*. avocat de la Sorbonne, i qui le poćte demande sa libertć. Dans cette ćpitre, par une simple variante editoriale, on voit fort bien que Dolet a voulu rendre l'ćpreuve de remprisonnement de Marat encore plus penible. En effet, cette epitre figurę dans 1’edition doletienne des (Euvres de Marat (1538) et le Quercynois s'y plaint d’etre emprisonne depuis «six jours» (v. 3), au lieu que dans les deux editions doletiennes de L'Enfer, le poć te s'y plaint desormais cfetre derrićre les barreaux depuis <six mois»2. La seconde epitre
Cf. G. Joseph, «Lyric Seąuence as a Condition of Meanmg. Various Ariangements of Marofs Poems from "Certaines CEovres qu'il feit en la prison"*, dans The Ladder of High Designs. Stnicture and Imerpraaium of the French Lyric Seąuence, f«L par D. Fenoaltea et D. L Rubin, Chariottesville et London. Umvereity Press of Virgmia, 1991, pp. 41-53.
C. Marot, <Epistre qu’il envoya estant en la prison, A nośne naistre Bouchard Docteur en Theotope*. dans VEnfer /_/, Lyon, Ćtietme Dolet, 1542, in-8°, v. 3, p. 25 folio B5) [Paris, Bibliotb£que Nariooaie, coli. Rothschild, n° 618] et C. Marot, «Epistre qu'Q envoya estant en la prison, A nostre maistre Banchatd Docteur en Theoiogio, dans L'Enfer /_/, Lyon, Ćbetme Dolet, 1544, in-8°, v. 3, p. 2X(Jblio B5) [Paris, BiMioth6qae Nariooaie. Rćs. Ye I57I|.