des masses qui se detachent sur Ihorizon. On peuł donc, dans une certa i ne mesure, determiner les elements architecturaux et autres qui etaient prevus a ce dessin :
1. Prevus au dessin. De plus, ii y a un double changenient de composition a la partie superieure de la tour elevće (PI. XXXVIII, 2).
2. Le palmier et les quatre cypres n etaient pas prevus. Cf. a cet egard surtout les pan-neaux XI et XII.
3. La tour d Utrecht netait pas prevue (cf. ci-dessous). II faut remarquer qu’on n y voit guere de traces de masticages rnodernes. Ceux-ci sont nombreux et profonds immediatemenl a la droite de cette tour (PI. XXXII, 2).
4. T res probablement pas prćvus. Linterpretation est rendue malaisee par des masticages, et par une usure surtout visible a la gauche (PI. XL, 2).
5. La tour na pas etc prevue.
6. La partie inferieure des edifices est visible en radiographie. LJn changenient de composition de la premiere eglise a la gauche est nettemcnt visible.
7. Prevus au dessin.
Inter pretation
La Iecture des radiographies permet donc detablir une premiere differenciation entre les elements — architecturaux et autres — eyckiens, et les additions. De laęon generale, cette classification reste valable et est menie renforcee par I’examen minutieux de la qualite picturale. C est ainsi par exemple que la qualite du groupe 1 (PI. XXXVIII, l) est nettement superieure a celle des groupcs 3 (PI. XXXIX, l) et 4 (PI. XL, 1 et XLIV, en haut). Dans ce dernier, I usure suggeree par notre interpretation des textes de van Vaerne\vijck et van Mander (cf. p. 35) peut avoir ete la cause du repeint.
Quant aux changements de composition (la tour centrale du groupe 1, la vegetation mediterraneenne du 2, ainsi que les orangers (?) a rextreme droite superieure du panneau, la tour (groupe 5) et la tour a la gauche du 6) nous pouvons les considerer comme des modifications apportees par Jean apres son rctour de la peninsule ibćrique (cf. aux panneaux
IX. XI et XII),
Nous savons par des sources litteraires (cf. p. 46) que Tincendie de 1822 a fortcment en-dommage la partie superieure du panneau X. Les ..cendres brulantes” et Ie ,,plomb londu” semblent avoir brulć la couche picturale jusqu’au support. De la. les nombreux masticages (certains elant nettement de formę circulaire) decouyerts en radiographie (Pi. XXXII, 2). Les restaurateurs du XIX” siecle (1828, 1859) ne se sont malheureusement pas conlentes de ..repeindre mais ont largement „surpeint” de vastes zones dans Ie ciel et plus bas.
Obserucitions
L’oeiI attentif est frappe par une qualite picturale fort differente de celle de certains edifices se dressant a I horizon. II constate, a cet ćgard, une inferiorite manifeste de la tour dite d Utrecht (PI. XXXIX, l) notamment vis-a-vis du groupe architectural a I extreme gauche (PI. XXXVIII, l). Ce diagnostic esthetique se rapproche de la vision radiographique qui lait remarquer une difference essentielle entre la structure de la tour dTJtrecht (PI. XXXIX, 2) et celle du groupe monumentul de gauche (PI. XXXVIII, 2).
Ces donnees visuelles et radiographiques ont ete precisees a I aide de deux coupes de la tour d Utrecht, dont 1’unc correspond & un preleyement comprenant un rayon dore sous-jacent (cf. Fig. ll) et Iautre, a une prise dechantillon sans rayon dore (PI. XXXIX, 3).
112