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COMPTES RENDUS
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pansion des Avares jusqu’& la destruction de leur empire, k la fin du VIII* sićcle et aucommen-cement du sićcle suivant.
L’hćritage des possessions avares est ćchu aux Francs, k la principautć de la Grandę Moravie, fondee au commencement du IX* sićcle, et k TEtat bulgare. A partir de la troisićme dćcade du IX® sićcle, de frćquents conflits opposent les Bulgares et les Francs k propos des frontićres. Les conflits ont abouti k la conclusion d’un accord en 832, renouvelć en 895, le roi des Francs (des « Allemands *) ćtant Louis le Germaniąue (826 — 876) A partir du milieu du IX* siecle, les relations entre les Bulgares et les Slaves pannoniens sont soumises k des oscillations provoqućes non seulement par Tinteryention des deux grandes forces voisines, les Byzantms et les Francs, mais aussi par 1’orientation politiąue tantót hardie, tantót prudente, des deux princes, Boris (852 — 889) et Rostislav (846 — 870) Cependant, en 863 une mission chrć-tiennne dirigće par Cynlle et Mćthode, partait vers la Grandę Moravie et, aprćs deux ans, le punce Boris, sous la pression de Byzance, allait renoncer k l’alliance avec les Francs et accep-ter la rehgion chrćtienne (au printemps de 1’annće 865). L^cceptation du baptćme a crćć une basc d’ćgalitć et a constitue en meme temps un moyen actif de consolidation des relations ultćneures entre les deux pays. En continuant de signaler — quelquefois de documenter— les relations politiques et culturelles entre les Bulgares et la Grandę Moravie, 1’organe poli-tique le plus fort k cette epoque parmi les pays slaves occidentaux, Du]ćev b&tit son argumen-tation sur les prćmisses crććes par le jeu des mtćrets politiques de Byzance et des Francs. Ce jeu dćtermina une oscillation continuelle dans la pohtique des deux Etats slaves. Durant la domination byzantine (1018 — 1185), les relations des Bulgares avec la Grandę Moravie se rćduisent aux remmiscences liees k Factmtć de Rostislav, de Kocel, de Cynlle et Mć-tliode et de leurs disciples.
Une serie de monuments littćraires contemporains tralnssent cette tradition cyrillo-metho-dienne. Apres la libćration des Bulgares de la domination byzantine on reprend les relations avec les Slaves occidentaux, surtout dans le domainc ćconomique,
Unc breve mais concise et documentee etude sur Konstantin Jirećek et Vhistonographie bulgare (p 41—47) esl signee par T. Angelov. On sait quc le savant tch^que, de concert avec N Palauzov et Marin Dnnov, est cclui qui a pość rhistonographie bulgare sur des bases scien-tifiques. Appuyć sur un grand nombre de sources, Jirećek est le premier k elaborer une oeuvre de synthese scientifique sur Thistoire du peuple bulgare. A part une serie de monographies, articles et ćtudes k contenu vanć, relatifs k un grand nombre d’aspects de Fhistoire de la Bułgarie et de laPemnsule Balkamque, trois sont les ceuvres essentielles de Jirećek (a) 1 Histoire du peuple bulgare (en tchćque, 1876); b) Voyages d trauers la Bułgarie (en tcheque, 1888) ; c) Das Furstentum Bulgarien (1891)); Angelov analyse leur contenu.
V4clav Ź^ćek publie un trćs mtćressant essai, contenant bien des ćlements nouveaux pour rćtude des relations bulgaro-roumaines entre 1860 — 1867, intitulć Yasile L. Stojanou dans les pays tchłquesf 1858—1868 (p. 49 — 81) L’auteur cxpose Tactiyitć depubliciste et de rćvolution-naire du jeune patriotę V. D. Stojanov (le futur organisateur de la vie scientifique en Bułgarie) pendant ses etudes k Prague Aprćs avoir prćsentć la situation sociale, ćconomique et culturelle de la Bułgarie au milieu du XIX® sićclc, Źdćek ćvoque la vie de pnvations quc Stojanov mćne k Prague depuis son installation (en 1858) dans cette ville, tout en rappelant 1’aide pćcumaire quc lui accordent quelques-uns de ses compatnotes plus aisćs et, aussi, des Tchćques.
Peu de temps aprćs, le jeune ćtudiant bulgare rrussit k se faire admettre dans le cercie ile la societć patnotique et se crćer des amitićs parmi les intellectuels progressistes de Prague. A partir de 1859, Sto]anov entre en correspondance avec Georges S. Rakovski qui, comme on le sait, avait commencć la lutte < par les lettres et par le sabre » contrę la domination ottomane Bientót, Stojanov deyient un grand admirateur du rćvolutionnaire bulgare et, pendant quelques annćes, entreprend dans les joumaux tchćques une action soutenue de propa-