3 COMPTES RENDUS 375
tui Herodot (L’homme et la divinitć dans l’oeuvre d’Herodote) et Cu pnuire la o atitudinc criticó a lui Herodot (A propos d’une attitude cntiąue chez Hćrodote). L’auteur s’occupe dans cette dernifcre ćtude du fragment des Histoires (II, 54 — 57) oti Hćrodote explique les origines de 1’oracle de Dodonę.
La rććdition de ces Etudes ne donna pas 1’occasion k Tauteur de modifier ses conclu-sions antćrieures ; sa mćthode de recherche et 1’acribie qui le caractćrise Pont prćservć des rcvirements. Ce qui a ćtó ajoutć k ces textes tient de renrichisssement dpportć par les nou-velles dćcouvertes. De cette maniere le volume n’est pas seulement un ouvrage rćunissant des ćtudes dont les liens auraient ćtć plus difficiles k saisir autrement, mais aussi un livre actuel, avec des interprćtations des plus rćcentes dćcouvertes.
II s’avere de la plus grandę utilitć (gr&ce aussi aux index minutieux)
tant pour le spćcialiste, que pour le lecteur qui s’intćresse aux questions lićes k 1’histoire de la mentalitć antique. C’est pourquoi, aussi, nous attendons avec impatience le livre plus ample concernant 1’Histoire des cultes de la Dobroudja antique, auquel 1’auteur — ainsi qu’il le confesse lui-meme (p. 38) — « pense avec une insistance de plus en plus marquće *.
Em. Popescu
STEVEN RUNCIMAN, The Great Church in Captiuity, Cambridge University Press, 1968, 451 - X p.
Parmi ceux qui ont eu le plaisir d’entendre Sir Steven Runciman k Bucarest, le 17 octobre 1969, retracer, bri£vement mais avec sa maltrise habituelle, les vicissitudes de TEglise orthodoxe durant la domination ottomane, peu avaient dćj^ eu 1’occasion de lirę Touvrage qu’il a consacrć rćcemment au mćme sujet. Or, voici ce livre, qui reprend et dćveloppe des conferences a Tuniversitć de St. Andrews et au Trimty College de Cambridge sur le Patriarcat de Constantinople entre 1261 et 1821 et sur ses relations avec les Eglises protestantes aux XVI* et XVIIe si£cles. Nul mieux que 1’ancien professeur d’histoire et d’art k l’universitć d^stanbul n’aurait su demeler le lacis, parfois inextncable, des intrigues qui, de tout temps, ont opposć les partis au Phanar, ou celui, k manier avec autant de prudence, des subtilitćs thćologiques. A la connaissance personnelle des lieux, k la science profonde des sources, l’au-teur ajoute les rares dons dont il fait mention dans une page liminaire que Nicolae Iorga n’au-rait pas dćsavouće : «The historian must attempt to add to his objective story tlie qualities of intuitive sympathy and imaginative perception without which he cannot hope to compre-hend the fears and aspirations and convictions that have moved past generations. These qualities are, maybe, gifts of the spirit, gifts which can be experienced and felt but not explained in human terms. » C’est par une telle confession — on a pu en juger la franchise — qu’on acc&de au plus juste jugement de cette ceuvre de foi et d’ćrudition.
Avant d’aborder les problfcmes de la coexistence, tant soit peu pacifique, entre le sułtan et le patriarchę (k la fois, chef religieux chrćtiens de TEmpire et supćrieur du Rum mileti, terme qui dćsignait les Grecs), le Professeur Runciman dćcrit la situation d’avant la con-quete ottomane. Ayant brossć la toile de fond («the background »>) et dćfini en quelques traits prćcis les particularitćs de TEglise de Constantinople : structure, mystique et philosophie, on souligne Tintćret de son attitude envers rhellćnisme classique. Au tournant du siacie, sous la pression toujours plus inquićtante des Turcs, 1’Union des Eglises et la rćaction orthodoxe ont droit k une analyse dćtaillće. Le tableau change soudain le 29 mai 1453, k 1'instant