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A cette ćpoque — ócrit Demostene Russo — « c’est dans les Principautós que paraissent les livres grecs les plus importants ;s i>.
A. D. Xenopol, ćcrwant sur les « Acadćmies » grecąues de Bucarest et de Jassy, observe judicieusement qu’elles n’eurent pas une eiistence constante au niveau ćleyć que nous venons de montrer. «Comme toute chose dans les pays Roumains, elles furent sujettes a des changements et a des dćplacements, qui tantót ćlevaient et soutenaient 1’enseignement grec, tantót Pentravaient et 1’obnubilaient»24. Pourtant le role histo-rique qui reyient a ces ścoles dans la pbase qui a prócódó la renaissance roumaine ne peut plus etre contestó. Elles ont ćtó les «foyers de lumiere » qui, au dćbut du XIX8 siócle, ont fait ressusciter non seulement la cons-cienee nationale hellene, mais aussi la conscience roumaine, toutes deux fraternisant, a Sf. Sava de Bucarest comme a Jassy, pour la lutte commune qui allait commencer en 1821 contrę le despotisme ottoman.
OBSERVATIONS CRITIQIJES_SUR DES OPINIONS CO.\SAfRĆES
1. Quand a ete creóe Z’« Academie » grecque de Bucarest et qui en sont les fondateurs ? Dós 1’annće 1880, 1’ćrudit bellóniste Emile Legrand, dans une notę sur l’« Acadćmie» greeque de Sf. Sava de Bucarest, exprime son ćtonnement que 1’historiographie roumaine n’ait pas prćcisó au moins la datę de sa fondation 25. II est vrai qu’a l’ćpoque ob. ćcriyait le sayant franęais, la byzantinologie et les ótudes nóo-grecques en Roumanie ćtaient a peine a leur dóbut; en ce qui concerne le probleme soulevó par Legrand, meme les ćtudes de Constantin Erbiceanu26 n’avaient pas encore paru. La rćaction anti-grecque avait contribuó a laisser dans 1’ombre tout un chapitre de notre bistoire culturelle 27. Depuis lors et jusqu’a nos jours, la science historique roumaine a certainement enregistrć de grands progrós dans ce secteur. Pourtant, malgró les travaux souvent remar-quables de nos prćdócesseurs, il reste encore beaucoup a faire. Une partie meme des dates et des conclusions considćróes comme dófinitiyes doit,
23 Ibidem.
24 A. D. Xenopol, Istona romdnilor din Dacia Traiand, vol. X, Bucarest, 1929, p. 176%
25 Ennlc Legrand, op cit, vol II, p 42, « C’cst un fait que les histonens roumains n’ont pu cependant ćlucider jnsqu*& cc jour
28 Emile Legrand dans Ephepierides daces, Pans, 1881, vol II, p. 42 Cite, de notre lnsto-nographie, seulement G. Misail, qui avait pnblić dans Buletinul instrucfiei publice I (1866), p. 53, certams documents d’ou ii ressortait que la plus ancienne Information au sujet de 1’ćcole pnncićrc de Bucarest ne dćpassait pas la datę de 1761 l CL a ce sujet aussi Mann Popescu-Spineni qui, dans Contribufium la istona inu&ftimlntului superior (Facultatea de filosofie ęi liteie din Bucureąti)y Bucarest, 1928, p. 7, croit que «1’ćcole la plus ancienne de Bucarest a ćtć crćće en janvier 1786-et installće & Sf. Sava *.
~7 A quel point cette rćaction anti-grecque ćtait poussće, on le voit d*aprćs la manićre dont certains auteurs de manuels prćsentaient la situation culturelle chez nous. «En ce qni concerne rhellćnisme, §erban Cantacuzino a ćtć obligć de s’inclmcr. Aussi fonda-t-il rćcole grecque du monastćre Sf. Sava ct en favonsa le dćveloppement», (łon Aguletti, Manuał de istona romdnilor pentru cis. /V, Bucarest, 1916, p 117). L*mtroduction de Thumanisme grećco-latin et des ćtudes de plulosophie ćtait donc considćrće comme un moment de dćcadence nationale.